Veille Vapotage

Ne rien manquer du secteur.

Synthèses

Ragnarok liquide : le point sur la gamme Ultimate

Par Thibault Rossignol · · 6 min de lecture

Ragnarok liquide : le point sur la gamme Ultimate

Certaines références sont si diffusées que plus personne ne lit leur fiche. Celle-ci circule depuis au moins 2018 dans les catalogues français, en liquide prêt à booster comme en concentré, sous plusieurs éditions et à des dosages que les revendeurs n’indiquent pas toujours. Résultat : deux acheteurs qui pensent commander le même produit repartent parfois avec deux flacons différents. Cette synthèse reprend le dossier depuis la source du fabricant.

Ragnarok liquide : ce que recouvre exactement le nom

Il s’agit d’une recette de la gamme Ultimate, éditée par A&L Arômes et Liquides, fabricant français dont les laboratoires sont situés à proximité de Saint-Étienne.

Le profil annoncé par le fabricant est un assemblage de fruits rouges à dominante de cassis, accompagné de fraîcheur. Les descriptions des revendeurs varient dans le détail des fruits cités : Le Petit Vapoteur mentionne fraises, mûres, framboises et myrtilles, Nicovip retient fruits rouges et cassis, Big Hit parle de quatre fruits rouges et d’une finale glaciale.

La référence existe sous deux formes commerciales. Le concentré, en 10 ou 30 ml, sert à préparer soi-même. Le liquide de 50 ml à booster est vendu prêt à l’emploi une fois le booster ajouté. Les deux portent le même nom sans se substituer l’un à l’autre.

Deux éditions qui ne se distinguent pas sur le profil annoncé

Le point le plus souvent manqué à l’achat tient en une case du sélecteur de contenance, et il ne concerne pas le volume.

Le concentré est proposé en Green Edition et en version Sweet, également appelée Original. Le fabricant décrit la première comme dépourvue de sucralose et de tout dérivé d’édulcorant, la seconde comme la recette telle qu’imaginée par ses aromaticiens.

Il précise dans le même paragraphe que l’assemblage de fruits rouges et la fraîcheur sont identiques dans les deux versions. La différence porte donc sur la charge édulcorante, pas sur la composition aromatique. Un édulcorant encrasse plus vite une résistance, ce qui fait de ce choix une décision d’usage autant que de goût.

Cette dualité n’est pas systématiquement répercutée en aval. Certaines fiches de revendeurs, comme celle d’Eliquid and Co, ne référencent explicitement que la Sweet Edition.

Le dosage à 5 pour cent, l’argument le plus concret de la fiche

C’est la donnée que le fabricant met lui-même en avant, et elle se vérifie par le calcul.

La fiche technique annonce un dosage de départ de 5 pour cent en base 50/50, soit 27 gouttes pour 10 ml de préparation. A&L souligne que cette proportion est nettement inférieure à celle de la majorité des arômes du marché, ce qui permet de préparer davantage de flacons avec un seul concentré.

L’écart est mesurable. Un concentré dosé à 15 pour cent, comme celui du Red Astaire, produit environ 200 ml à partir d’un flacon de 30 ml. Le même volume de Ragnarok liquide en produit trois fois plus. À prix de flacon comparable, le coût au millilitre final n’a rien à voir.

Le service client d’A&L a précisé le 9 février 2026 que son calculateur recommande 53 ml de concentré pour un litre de base nicotinée, soit un peu plus de 5 pour cent une fois la nicotine intégrée au volume.

L’étiquetage réglementaire, la partie que les revendeurs reprennent rarement

Les mentions de danger figurant sur la fiche du fabricant constituent l’information la plus vérifiable du dossier, et pratiquement aucune fiche de revendeur ne la reproduit.

Le concentré porte les pictogrammes GHS02 et GHS07, associés aux mentions de liquide et vapeurs inflammables et de possible allergie cutanée. La liste de substances déclarées comprend la bêta-damascénone, le cinnamate de méthyle, le furanéol et le limonène.

Ces quatre noms ne sont pas un secret industriel : ils apparaissent parce que la réglementation impose de déclarer certains composés sensibilisants au-delà d’un seuil. Ils indiquent en revanche la nature du travail aromatique, la bêta-damascénone et le furanéol étant caractéristiques des notes de fruits rouges et de fruits cuits.

Le fabricant ajoute que la recette ne contient pas de diacétyle et n’a pas fait l’objet de tests sur des animaux. La composition déclarée se limite à des arômes et du propylène glycol.

Un temps de repos annoncé de trois façons différentes

Sur une même page, trois indications coexistent, et il vaut mieux le savoir avant de conclure à une erreur de préparation.

La fiche technique indique un temps de maturation de 2 à 3 jours. Le corps du texte recommande un repos d’au moins 48 heures pour un rendu optimal. Le même paragraphe précise que la gamme Ultimate peut généralement être vapotée immédiatement après préparation.

Ces trois formulations ne se contredisent pas vraiment : elles décrivent un minimum théorique, un optimum conseillé et une tolérance pratique. Un utilisateur qui trouve son résultat en deçà du liquide prêt à vaper dispose donc de deux leviers, allonger le repos ou relever le dosage, le service client d’A&L renvoyant explicitement au second.

Ce qu’il faut surveiller sur la gamme Ultimate

Aucun retrait ni changement de recette n’a été annoncé à la date de cette synthèse. La référence reste distribuée en concentré comme en liquide de 50 ml chez les enseignes consultées.

Le fabricant indique toutefois se réserver la possibilité de modifier la recette en cas d’alerte qualité, formulation qui invite à comparer les mentions d’étiquetage d’un flacon à l’autre dans le temps.

Un second point mérite attention. Interrogé le 4 novembre 2025 sur la coexistence de plusieurs fruits rouges dans son catalogue, le service client a répondu par des nuances de recettes sans hiérarchiser les références. Une gamme qui multiplie les variations autour d’un même profil finit généralement par en rationaliser une partie.

FAQ

La Green Edition contient-elle moins d’arômes que la Sweet ?

Non. Seule la présence d’édulcorants change selon le fabricant, la charge aromatique et la fraîcheur étant présentées comme identiques.

Le liquide de 50 ml existe-t-il aussi en deux éditions ?

Les fiches consultées ne mentionnent pas cette distinction sur le format prêt à booster, qui est référencé sans mention d’édition.

Peut-on mélanger ce concentré avec un autre ?

Oui, c’est un usage courant. La base de recettes du fabricant recense plusieurs associations partagées par des utilisateurs.

Quel matériel convient au ratio 50/50 ?

Un ratio équilibré s’accommode d’une large gamme de résistances, y compris des valeurs supérieures à 1 ohm destinées au tirage serré.

Le concentré se conserve-t-il longtemps ?

Il est vendu en flacon PET avec compte-gouttes. Comme tout arôme, il se garde à l’abri de la lumière et de la chaleur.

Ragnarok liquide : les repères à retenir de cette veille

Trois éléments résument le dossier Ragnarok liquide : deux éditions qui se jouent sur l’édulcorant et non sur les arômes, un dosage de départ à 5 pour cent qui change radicalement le coût d’usage, et un étiquetage réglementaire qui en dit plus sur la recette que n’importe quelle description commerciale. Le reste relève de l’ajustement personnel, entre durée de repos et proportion. Cette lecture par la fiche du fabricant plutôt que par celle du revendeur est la même que celle appliquée au dossier des deux e-liquides nommés Enjoy.

Sur le même sujet